Les CRS à la fac

Voici ce à quoi la fac de Sainté a ressemblé pendant 3 jours...
Le but était de prévenir d'éventuels affrontements entre bloqueurs et anti-bloqueurs...

Vous pouvez voir le résumé de la journée précédente en BD, sur le site de Rue89: http://www.rue89.com/2009/05/16/baston-a-la-fac-de-saint-etienne-le-recit-en-bd

# Posté le vendredi 22 mai 2009 03:10

Modifié le vendredi 22 mai 2009 06:24

Possession

Possession
Pas de suées, ni de sursauts, mais dés le réveil c'est le trauma,
J'en ai trop marre ! N½uds d'estomac, l'aurore, même schéma à chaque fois,
Ca foisonne, pullulent les névroses mais une seule déraisonne,
Son idée encore raisonne, tremblant telle une feuille en automne,
Je tombe mal de mon pieu, gueule dépitée, qu'importe le pied,
Pitié, l'enfer sphérique doit être décapité, mais pitié,
Cessez les larmes de mes yeux foudroyés,
Quiétude soudoyée, pourtant face à peu d'atouts déployés,
Vous y croyez ? Que parmi tant d'organes un seul puisse mutiler
Un être entier, de sa paix rentier, noircir ses matinées,
Sensations satinées, durant un instant courtisant inné,
Ventricules surexcités, les deux lobes trop sollicités,
On perd sa motricité, sentiment que je ne peux citer ,
Car trop souvent souhaité mais évité de peur d'assumer,
Préférant se consumer pour un feu que tout seul j'alimente,
Mente religieuse dévorée par une icône délirante,
Rentrer dans le vif du sujet, se confronter pour ne pas être grugé,
Mais la peur fait qu'à l'écart du problème, on préfère se réfugier,
Je l'ai souvent fait, mais j'ai trop besoin d'une telle incandescence,
Sorte de renaissance, éveil des sens sans aucune indécence,
Sans j'ai l'impression d'un manque, mais cela demeure malsain,
Rien de concret : les hypothèses, les espoirs forment une phrase sans point !
Poings serrés, haineux de pas être lassé de phalanges enlacées,
Une fois de plus, je préfèrerais trépasser que de ressasser le passé
Passent les mois, destins entrecroisés, corps souvent frôlés,
Honte de moi, je n'ai jamais souhaité être froid, attitude voilée,
Je vois les gens, trouver dans le sexe une sorte d'aboutissement,
Mais cette envie est si vite calmée que c'est loin d'être important,
Tendues sont mes relations, ma frustration ne se trouve pas,
Dans ce vulgaire bout de chaire qui ne voit pas plus loin que mon bras droit,
Maladroit, handicapé par une phobie sociale,
J'ai dû attendre l'âge de 5 ans pour connaître une vie normale,
Mais le mal est fait, condamné à ne pas connaître ce que tout homme cherche,
Dans une rivière d'eau douce noyé, refusant toutes les perches,
Mon c½ur s'assèche, imperméable à toutes les déceptions,
Mais un problème reste, l'impuissance face à la possession !

Piloophaz
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 19 mai 2009 16:51

Statistiques

Statistiques
Je tiens à m'excuser pour la cadence infernale imposée aux quelques lecteurs restants de ce blog. Je sais, vous ne savez plus où donner de la tête, les articles fusent sans que vous n'ayez le temps de les lire... Je vais faire des efforts.

J'en profite pour faire le point.
Ce blog a presque 4 ans, et a beaucoup évolué depuis ses origines.
Vous pouvez voir ci-dessus le nombre de visites par mois. Analysons.
Après des premiers mois assez inconstants (le lancement est toujours difficile), le blog a connu ce qui reste, à l'heure actuelle, son âge d'or (février-juin 2006). Plusieurs facteurs peuvent l'expliquer: rencontre avec Anaïs qui m'a donné l'inspiration, nombreuses photos de Romain R. qui a contribué à la popularité de ce blog...
Après un été traditionnellement calme, c'est la consécration en novembre 2006. Saurez vous deviner pourquoi une telle explosion des visites?
La suite est moins fertile. Les étudiants sont moins assidus aux blogs que les lycéens, et malgré quelques coups de pub tentés aux printemps 2007 et 2008, les visites se tassent aux alentours de 700 par mois.
L'été 2008 marque le début de la fin, avec l'avènement de facebook, qui donne en quelque sorte un blog à tous, où chacun publie photos, vidéos, humeurs, liens...

Combien de temps reste-t-il à vivre à doctorb.skyblog.com...?

# Posté le mardi 12 mai 2009 06:46

Damien Saez aux victoires de la musique 2009

Contrairement aux autres, il ne mache pas ses mots et n'y va pas avec le dos de la cuillère!

# Posté le lundi 02 mars 2009 06:08

Brûler ou conduire: il faut choisir!

Brûler ou conduire: il faut choisir!
Notre Président ne connaît pas le repos. Il ne lui aura pas fallu longtemps pour lancer sa première "fusée intellectuelle", pour reprendre cette si exacte expression de Philippe Bilger, de l'année 2009.

Comme ce fut le cas il y a un an avec la disparition de la pub sur le service public, on sent que plus de soin a été apporté à la précipitation de l'annonce qu'à la réflexion sur la faisabilité. Il suffit que la mesure réponde immédiatement à un fait divers, satisfasse un public frustré par une colère impuissante, aggravée par les dérangements digestifs d'un lendemain de Réveillon, et que le Bon Sens y appose son sceau pour que la mise en orbite ait lieu.

Voyons le cru 2009:

PARIS (AFP) — Le président Nicolas Sarkozy souhaite empêcher les incendiaires de voitures de passer le permis de conduire "aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n'a pas été indemnisé en totalité".

Jeudi, en recevant à l'Elysée les personnels de services publics ayant travaillé durant la nuit de la Saint-Sylvestre, le chef de l'Etat a affirmé que "tant que (les incendiaires) n'auront pas réglé les conséquences de leur forfait, ils ne passeront pas le permis de conduire".

Le chef de l'Etat a affirmé vouloir "que l'on réfléchisse à la possibilité pour les juridictions pénales d'interdire à un mineur condamné pour des faits d'incendie de véhicule de passer un permis de conduire pour des véhicules deux ou quatre roues aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n'a pas été indemnisé en totalité".

"On" étant toute autre personne que le Président, trop occupé à avoir des idées pour s'occuper de détails comme la faisabilité, ou l'efficacité. Je prédis une commission et un rapport.

Et comme d'habitude, pour soutenir la mesure: l'argumentation négative. Je ne vais pas dire pourquoi je le fais, je vais dire qu'il n'y a pas de raison pour ne pas le faire:

"Il n'y a aucune raison que ce soit les honnêtes gens qui aient à payer les conséquences des comportements de délinquants", a-t-il ajouté.

Comme le faisait observer une (é)lectrice au sujet de la rétention de sûreté: peu importe que ça ne serve à rien; rien ne serait pire que de ne rien faire. La gesticulation plutôt que l'inaction. D'un point de vue rationnel, ça se discute (l'inutile et l'inefficace ont un coût supérieur à l'inaction pour un résultat similaire); du point de vue politique, il n'y a pas photo: ça marche.

En ces lieux, on préfère le rationnel à la politique. Assumons donc le rôle du "on" présidentiel et voyons en quoi il y a loin de la coupe de champagne aux lèvres.

L'idée est de faire pression sur les auteurs mineurs des incendies de voiture pour qu'ils indemnisent leur victime. La sanction serait de leur interdire de passer le permis jusque là. On pouvait aussi les priver de dessert ou de télé, mais non, ce sera le permis.

Voyons les objections de principe avant de voir les difficultés pratiques.

Objections de principe

D'abord, pourquoi les mineurs seulement?

Bien sûr, on est certain qu'un mineur n'a pas le permis. Mais pourquoi un majeur condamné pourrait-il aussitôt sorti du tribunal aller passer l'examen de conduite, tandis qu'un mineur verra cette échéance suspendue jusqu'au complet paiement des dommages-intérêts?

Premier reproche: l'incohérence.

Deuxième reproche: l'injustice. En principe, les mineurs sont mieux traités que les majeurs, car ils sont immatures, influençables (notamment par des majeurs non concernés par la mesure), et le passage à l'acte révèle souvent un problème plus profond. Ici, on vote une mesure qui les traitera plus durement que des majeurs. C'est une première.

A rapprocher des propos qui accompagnent l'annonce de la réforme de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs et qui fait de nos enfants des êtres sans foi ni loi dont il faut avoir peur. A croire que pour le Gouvernement, il n'y a que deux types de mineurs: les délinquants et les victimes de pédophiles.

Ensuite, pourquoi les véhicules seulement?

Tout incendie est grave en soi, et un feu de boîte aux lettres peut se propager à l'édifice. Ou alors, il faut compléter le dispositif. Une cabine téléphonique détruite? Interdiction d'avoir un portable jusqu'à ce qu'il ait remboursé. Un feu de poubelle? Défense de sortir ses poubelles, il vivra avec ses détritus jusqu'à ce qu'il ait remboursé les services de la voirie. Vous voyez l'absurde.

Ensuite, pourquoi le permis de conduire?

Là, on est en présence de réflexes issus du droit archaïque. "Il a fâché le dieu des automobilistes, il doit faire un sacrifice pour apaiser sa colère."

Car si l'interdiction de passer le permis de conduire existe dans l'arsenal pénal, c'est pour des infractions commises lors de la conduite d'un véhicule.

Si l'article 131-6, 3° du code pénal prévoit la faculté pour le juge de prononcer à titre de peine principale l'annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans, ce pour tout délit passible d'emprisonnement, un juge n'aura recours à une telle peine que pour des infractions au cours desquelles l'usage d'une automobile a été un facteur essentiel, de sorte que cette interdiction empêche le renouvellement de l'infraction.

Mais en quoi une interdiction de passer le permis prévient-elle le renouvellement d'une infraction de destruction volontaire par incendie?

Il faut tout de même rappeler que le permis de conduire n'est pas une faveur faite par l'Etat à des citoyens méritants. C'est une mesure de police, une restriction à la liberté d'aller et venir de chaque citoyen justifiée par des raisons de sécurité publique, que je ne conteste pas en soi: conduire un véhicule suppose des compétences, des réflexes qui s'acquièrent et des connaissances juridiques minimales, et le permis de conduire sanctionne, après un examen, la connaissance de ces éléments.

Refuser la simple possibilité de solliciter cette autorisation pour soutenir des intérêts privés (un particulier n'est qu'un particulier et le Fonds de Garantie n'est pas l'Etat, c'est une structure de droit privé financée par les assurances), à savoir le paiement de dettes, ne repose sur aucune légitimité et relève de l'abus de pouvoir par l'Etat.

(...) Pour voir la suite des difficultés pratiques, c'est ici: http://www.rue89.com/2009/01/02/voitures-brulees-brouir-ou-conduire-il-faut-choisir

Encore une fois, nous sommes en présence d'une politique d'annonce, et fort efficace du point de vue médiatique: les journaux en parlent tous. Elle donne l'impression d'un Président qui agit, sans que personne ne se dise que tiens, vu que ça fait six ans qu'il est aux premières loges pour voir flamber les voitures au Nouvel An, il aurait peut-être pu y penser avant, ni ne s'interroge sur la faisabilité ou l'efficacité réelle du projet. Un fait divers = une annonce.

Avec à la clef, un (vague) projet, à l'effet dissuasif nul, dont la réalisation promet d'être difficile et coûteuse, pour un résultat qui sera forcément inefficace car ne frappant qu'une toute petite partie des personnes concernées. Mais une opinion publique bien contente.

De ce point de vue, 2009 s'inscrit pleinement dans la continuité.



L'avocat Maître Eolas, pour Rue 89.

# Posté le samedi 03 janvier 2009 03:39